Supernature



Salut les gens !

Aujourd’hui, je vous présente le défi d’écriture de la semaine : parler d’un trajet régulier !
Tout d’abord, je tiens à souhaiter la bienvenue à la nouvelle venue, Mémé Boitenfer !
Ensuite, je suis « légèrement » en retard par rapport à mes petits camarades. Bon, je suis très en retard, c’est vrai ! La faute à une semaine dernière tantôt chaotique, tantôt chargée et une fatigue qui m’a submergé depuis le week-end dernier. Du coup, c’est avec 3 jours de retard que je vous propose ce que j’ai fait. Bref.

Le trajet que je vais vous présenter est celui que je fais du boulot jusqu’à chez moi. Oui, dans ce sens-là, c’est-à-dire quand je rentre du boulot. Pourquoi celui-ci et pas celui du matin ? Ce n’est pas parce que je n’aime pas mon boulot, bien au contraire. Même si je râle beaucoup à propos de mon job, ça ne m’empêche d’avoir la chance d’adorer ce que je fais. J’ai quand même eu quelques passages à vide depuis quelques temps, jusqu’au point de ne pas vouloir y aller pour la première fois de ma vie professionnelle, mais avec ma nouvelle place, ça va mieux.
Non, si je vous raconte ce trajet-là, c’est qu’il est plus intéressant. Car, le soir, ce trajet boulot-maison est plus calme, plus tranquille que celui du matin. J’ai plus le temps, plus l’envie, je marche, me balade, fais des détours… C’est mon petit moment décompress’ après la journée de boulot. Car, dans l’autre sens, j’ai beau aimer mon boulot, les journées sont souvent très bien remplies et dures, mon cerveau a besoin de faire le vide. Je ne suis pas plus mal dehors que chez moi, c’est rare que quelqu’un m’attende quelque part les soirs en semaine et j’aime bien prendre mon temps pour rentrer, je n’ai pas peur de mettre 1h, 1h30 ou 2h.
Alors, ça dépend aussi. Evidemment, mon niveau de fatigue joue beaucoup sur la manière de faire ce trajet. Si je suis fatigué, j’ai juste hâte de rentrer chez moi, surtout si j’ai été épuisé par ma journée. Le temps aussi. J’aime bien la pluie et marcher dessous, mais je peux ne pas être d’humeur ou avoir la flemme si combiné avec la fatigue. Il ne faut pas qu’il fasse trop mauvais temps non plus et il faut que je change de chaussures, elles prennent l’eau…

J’ai donc deux façons de faire ce trajet : tout en transports en commun, ou une partie à pied et le reste en transports en commun. Tout à pied, non, je ne suis pas fou non plus… (Ça peut se faire, mais je n’ai jamais envie en sortant du boulot)

Mon trajet commence donc dans mon bureau, sur mon fauteuil. Joli fauteuil d’ailleurs, je profite sans honte du fait que mon prédécesseur est un handicapé et qu’il a donc eu le droit à un fauteuil plus confortable que les autres. J’en ai rien à faire de rendre les autres jaloux, c’est MA place. A ce moment-là de la journée, je suis installé confortablement dans ce fauteuil et… je suis seul la plupart du temps. Les gens partent très tôt, avant 17h pour beaucoup et j’ai personnellement tendance à partir vers 18h/18h30. Je me lève de mon fauteuil et prend mon blouson s’il ne fait pas trop chaud, mon sac à dos et je me visse mon casque sur les oreilles tout en démarrant la musique. Je sors de mon bureau, ne dis bonne soirée à personne… puisqu’il n’y a personne, je contourne l’ascenseur pour prendre les escaliers. Faut pas déconner, il n’y a que deux étages. Même si les escaliers sont traîtres. Chaque marche a une partie recouverte d’une espèce de matière antidérapante, mais juste trop antidérapante. Hier, pour la troisième fois depuis mon arrivée dans cette boîte, je me suis cassé la figure en faisant la moitié d’un escalier dans les airs. Mon flanc droit s’en souvient encore.

Une fois descendu les escaliers de la mort, je me retrouve dans le hall (bonjour petit sofa qui permet de faire de bonnes siestes !) et je « tente » de sortir dehors. Oui, je « tente » car c’est un système assez classique de porte avec badge pour rentrer et interrupteur à enclencher pour sortir. Sauf que l’interrupteur ne marche qu’une fois sur vingt… C’est un calvaire… T’appuies comme un taré dessus car tu veux que ça marche et la fois où ça marche, tu relèves trop tôt le doigt de l’interrupteur et la porte fait juste semblant de s’ouvrir… Je suis sûr que c’est parce qu’ils ne veulent pas que l’on sorte. Vous voyez, c’est déjà l’aventure ! *tousse*

Si j’arrive à sortir, je continue ma route pour sortir dans la rue.
Il est temps de faire un petit point géographie. A cet instant-là, je me trouve à Gradignan, ville un peu au sud de Bordeaux, et, plus précisément, allée de Megévie, petit coin paumé juste à côté de la Rocade en plein milieu d’une zone d’activité. Aaaaaah, c’est pas très sexy hein.
Je dois remonter cette rue jusqu’au rond point qui est le point de séparation des deux trajets possibles. Il y a un arrêt de bus à ce rond point (oui, sur le rond point messieurs dames ! C’est Bordeaux, on aime bien s’amuser avec les routes, les ronds point et les transports) que j’ai en point de mire. C’est le terminus/départ de la ligne que je peux prendre et je vois l’arrêt de là où je suis, ce qui est souvent un peu stressant car qui dit départ de la ligne, dit bus qui attend pour partir et j’ai toujours cette petite appréhension du « punaise, je vais pas l’avoir, je vais pas l’avoir, il va partir en avance tu vas voir ! ». Eeeeeet… ça arrive qu’il parte avant l’heure prévue… Et je rage un peu car si je voulais prendre le bus, c’est que je voulais rentrer chez moi rapidement et pas attendre 20 minutes que le prochain arrive…
Je remonte donc cette rue avec le rond point et l’arrêt de bus en point de mire. Cela me prend dans les 5 minutes à peine. Arrivé au rond point, deux choix s’offrent à moi : prendre le bus ou continuer à pied directement sur la gauche. Le bus, c’est la ligne 21. Bon, pour que ce soit plus intéressant pour vous, allons marcher ! (on peut aussi faire un vote si vous voulez, qui vote quoi ? Non, « je me barre », c’est pas sympa comme réponse.)

Je commence donc ma marche, musique dans les oreilles et bruit de voiture m’accompagnent, il y a pas mal de circulation à cet endroit-là, surtout à l’heure de la débauche. C’est une rue en arc de cercle, je marche à peu près 10 minutes avant de voir apparaître ce qui fait le plaisir de cette balade. Jusque-là, on est encore plus ou moins en ville, ça ressemble plutôt à une petite banlieue. Il faut savoir que Gradignan, c’est pas énorme et c’est très peu centralisée comme ville. Le centre-ville est assez petit et le reste des habitations est plutôt clairsemé, du moins pas trop dense. Il y a donc pas mal de verdure, c’est plutôt sympathique.

Pour un bouseux de la campagne comme moi, qui a vécu jusqu’à ces 13/14 ans dans la nature, les poules et les vaches, la ville, c’est cool, mais la cambrousse, ça manque par moment. Il me faut régulièrement ma dose d’herbe et d’insectes, entendre les pitis zoiseaux, le bruissement des feuilles ou de l’herbe chahutées par le vent.
C’est donc avec un plaisir non dissimulé que j’ai remarqué que je pouvais me faire une petite balade au milieu d’un parc tout choupi pour aller rejoindre un bus qui peut m’emmener directement chez moi.

Je finis de marcher dans cette rue, qui est l’avenue de la Poterie (et qui n’a d’avenue que le nom) pour atteindre les premiers arbres du Parc Saint-Albe. Et là commence le bonheur : le bruit des voiture s’arrête, ça devient parfaitement calme, on entend les insectes, les oiseaux, ça sent la verdure et les fleurs, c’est la nature.

Ce qui est génial aussi avec ce trajet, c’est que c’est toujours tout droit, impossible de se perdre ! Oui, bon, je suis un homme donc je sais facilement me repérer dans mon environnement et n’ai pas besoin de GPS pour me guider, mais ça rend les choses plus faciles quand même.
Je prends une rue qui borde une partie du parc qui est interdit au public et c’est bien dommage. C’est la partie forêt du parc, qui abrite le château de Saint-albe. Ça a l’air très chouette en plus. Cette rue est donc bordée d’un côté par le par cet de l’autre par une petite forêt ou des habitations vers la fin, on a donc vraiment l’impression d’être sur un chemin forestier.



Et j’arrive donc au parc Saint-Albe pour avoir une petite bouffée d’air frais. C’est vraiment un tout petit parc, tout basique et limite sauvage, mais je le trouve tellement bien ! Et surtout, il n’a pas l’air d’être connu par beaucoup de monde, alors c’est super calme, on est vraiment tranquille. Il m’arrive régulièrement d’y manger seul à midi. Je vais jusqu’au centre de Gradignan et je reviens pour m’installer dans l’herbe ou dans les « gradins ». C’est très agréable.


C’est dommage dans un sens qu’il se soit mis à couper l’herbe, j’adore l’herbe haute comme ça et puis c’est pratique pour se cacher dedans et être tranquille ! Mais bon, c’est sûr que ça fera plus « propre » pour la plupart des gens. Mais c’était terrible avant qu’il coupe, les chemins passaient vraiment au milieu des hautes herbes, j’adore ça. Là, le mec de la campagne que je suis, il est tout fou, il a les yeux qui brillent, le sourire aux lèvres et la tête dans les nuages.

Quand je sors de ce parc, j’arrive sur le début du parc de Montbaillard avec sa grande place.


Ça m’arrive d’aller dans les autres parcs à proximité si j’ai encore envie d’aller me dégourdir les jambes : le parc de Montbaillard donc, le parc de Mandavit et le parc René Canivenc. Ce sont tous des petits parcs assez différents et qui sont très sympathiques. Et pas très dangereux, puisque j’ai déjà fait une sieste dans le parc de Mandavit et on ne m’a rien piqué…
Il m’arrive de rester bouquiner dans l’un d’entre eux, adossé à un arbre ou sur un banc.

Mais, généralement, je finis plutôt ma marche ici et je prends le bus juste en face de la place, la ligne 10.

Je ne peux pas dire que j’aime ou n’aime pas les transports en commun, ça dépend des moments. Le matin, j’aime moins. Beaucoup de gens, surtout que ce sont des lignes de bus qui passent par la fac et plusieurs grandes écoles. C’est quasiment impossible d’avoir une place assise, impossible de lire, c’est bruyant, c’est serré, ça sent l’étudiant en rut. Le soir, je le prends assez « tard » pour éviter la cohue estudiantine et comme c’est quasiment le départ de la ligne, j’ai l’embarras du choix pour avoir une place assise.
Je remets mon casque sur les oreilles et je bouquine, ou j’observe les gens. C’est aussi ce côté-là que j’aime bien dans les transports en commun, car je suis très curieux et j’adore voir ou écouter les gens, c’est toujours très intéressant (là, c’est le mec intéressé par la nature humaine qui parle). Et les gens, ils en disent des choses… ça peut être deux étudiants qui se draguouillent maladroitement, des mamies qui rouspètent, des gens qui disent des énormités, des gens qui disent des choses que tu comprends pas (et des fois, ce n’est pas parce qu’ils parlent une langue étrangère), des gens qui parlent politique, sport, culture ou… qui parlent de leur boulot et qui sont des concurrents ! Pourtant, qu’est-ce qu’on nous le répète : si on parle boulot dans les transports, on ne détaille pas sur quoi on travaille et avec quels clients ! J’en ai rapportées des informations croustillantes à ma boîte…
Enfin bref, je pourrais écrire un bouquin sur la vie dans les transports en commun si je voulais.

Je file jusqu’à chez moi, c’est un bus direct. Sur le chemin, je croise la fac, avec toujours ce petit moment plus ou moins nostalgique, plus ou moins heureux ou malheureux suivant les jours. Je croise l’école d’architecture aussi qui, reconnaissons-le, possède la plus horrible brochette de bâtiments hideux de tout Bordeaux et ses environs. Vous me direz, c’est normal pour une école d’architecture…
Mais surtout, je passe juste à côté du boulot d’une personne qui se reconnaîtra certainement en lisant ces lignes (si elle les lit) et que j’essaye d’épier. Mais ces enfoirés ont tout prévu : les vitres sont des machines à reflets qui empêchent de voir ce qu’il se passe à l’intérieur ! Tsss… Un jour, je passerai de nuit et on verra qui rigolera !

Et le bus turbine jusqu’à l’arrêt Pont de Cauderès, où je descends. Une petite marche à pied sur les boulevards avant de m’enfoncer légèrement dans les rues adjacentes et je suis chez moi.

Il ne me reste plus qu’un méchant escalier à monter et je m’affale sur le canapé qui n’attendait que moi… RrrrRrr… ZzzzZZzzz…



Mes petits camarades :
Chloé
Nadège
Yuldwin



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