Dis-moi où tu dors et je te dirai qui tu es



Si vous avez lu l’article précédent (et je suis sûr que vous l’avez fait, n’est-ce pas ?), vous devez donc savoir que dormir est mon sport préféré. Le sujet du défi d’écriture de la semaine sonne comme un écho particulier pour moi, puisqu’il s’agit de vous parler des lieux où j’ai dormi. J'ai fait un travail rapide car j'ai pris pas mal de temps pour écrire l'autre article, donc je ne sais pas trop ce que ça va donner ! Mais tout le monde a l'air d'être en mode à l'arrache cette semaine, donc je culpabilise un peu moins !
J'en profite pour saluer la nouvelle venue, Lulu, qui nous rejoint à partir de cette semaine. Je ne connais pas encore où elle va mettre son article, donc ce sera pour plus tard. Nadège est quant à elle encore dans ses cartons, fera-t-elle quelque chose ou pas cette semaine ? Suspense ! Enfin, vous pouvez retrouver le travail de Chloé sur son blog.

Vous pensez peut-être que j’ai un sommeil assez facile et lourd et qu’il est donc pour moi assez facile de dormir n’importe où. Et vous avez raison. Je pourrais très bien dormir sur un tas de rochers ou le lit à clous d’un fakir que ça ne me dérangerait pas. Un boulet de démolition peut très bien traverser la chambre ou un magasin de tronçonneuses peut être mon voisin du dessous, aucun problème !



Mon lit d’amour

Paradoxalement, j’ai beau passé plus de temps dans mon lit que partout ailleurs (comme la plupart des gens vous me direz), il n’a rien de particulier. C’est un lit ce qu’il y a de plus banal, un matelas classique et des coussins pour le confort de la tête. Attention, cela ne veut pas dire que je ne cherche pas le confort, mais je ne cherche pas non plus un énorme confort.

Mon canapé aussi est un lieu plus que régulier car il subit mes siestes vespérales lorsque je rentre du boulot (cette phrase n'a pour seul but que de placer le mot "vespérales").



Les transports

S’il y a bien des lieux qui me fatiguent et qui donc sont des endroits fréquents dans lesquels je dors, ce sont les transports. La voiture en tête, qui est un vrai somnifère pour moi. C’est simple, si vous voulez que je vous foute la paix, vous me mettez dans une voiture, on fait une balade de 10 minutes et adieu ! J’ai donc dormi dans pas mal de voitures et pas qu’en mouvement. Il m’est déjà plusieurs arrivé de passer une nuit dans une voiture car c’était la seule solution…

Vous vous en doutez, le bus et le tramway aussi… Le réseau TBC (Tram et Bus de la CUB) m’a volé quelques heures de sommeil. J’ai même plusieurs fois fait peur aux conducteurs qui essayaient de me réveiller une fois arrivé au terminus ! Il y en a un qui a carrément failli appeler les secours car il n'arrivait pas à me réveiller. Non monsieur, je suis pas mort, j'ai juste un sommeil très lourd...

Pour vous dire à quel point je m’endors facilement dans les transports, je me suis une fois endormi sur mon vélo ! Evidemment, ça s’est plutôt mal terminé…

Mais il y a un transport où j’ai beaucoup de mal à dormir, c’est le train.
Et je ne sais pas pourquoi. Pourtant, prendre le train me fatigue autant que les autres transports, mais je n’arrive pas à bien dormir. Je dors, mais de façon hachée, je me réveille toutes les 10/15 minutes. Est-ce que c'est à cause d'un bruit particulier ? Les mouvements du train ? Les sièges inconfortables de la SNCF ? En tout cas, quand je suis allé chez Nadège il n'y a pas très longtemps, c'était plus de 8h de train alors que je partais à 6h et j'ai dormi que 2 ou 3h...



Un conseil judicieux

Je ne peux pas dire que mon père m’ait appris grand-chose d’utile dans la vie (et vlan !), mais il m’a au moins donné un conseil très pratique lorsque j’étais très jeune. En effet, Pendant ma mononucléose et les quelques années qui ont suivi (jusqu’à 8/9 ans on va dire), avant que la fatigue me laisse tranquille pour revenir à mon entrée à la fac, je m’endormais partout. Mais vraiment partout, c’est-à-dire à l’endroit même où je tombais de sommeil. Et je peux vous dire que c’était assez souvent par terre en plein milieu d’une pièce, d’un couloir...
Et plusieurs fois, on m’a marché dessus, donné des coups sans faire exprès et j’ai fait tomber des gens. Mon père m’a alors donné ce conseil : je pouvais dormir à n’importe quel moment, mais à une seule condition : me coucher sous une table !
Bon, il arrivait encore que je m’endorme en plein milieu du passage, mais j’ai commencé à prendre l’habitude de me coucher sous les tables. Ce qui avait deux inconvénients : c’est bien joli de me dire de me coucher sous les tables, mais si on ne pense pas à m’y chercher, on finit par me perdre. Le nombre de fois où mes parents m’ont cherché alors que j’étais planqué à quelques mètres… De plus, j’avais pris l’habitude de me cacher sous la table lors des repas de famille (et pas que pour dormir, j’avais une sainte horreur de ça, et encore aujourd’hui. J’appliquais le conseil aussi lorsque je voulais simplement me cacher). Ah, j’en ai pris des coups de pieds dans la tête !



Les lieux insolites

Quand on est enfant, qu’on vit à la campagne et qu’on a des troubles du sommeil, on peut se retrouver à dormir dans pas mal de lieux qui ne sont pas forcément faits pour ça.

Etant aussi un grand ami des animaux, j’ai pas mal dormi avec eux. Surtout chez mes grands-parents qui ont une ferme où j’allais souvent en vacances. L’endroit que je visitais le plus était le poulailler. Ne me demandez pas, je ne sais pas pourquoi et je pense que je ne veux pas le savoir. Les poules et les canards étaient mes grands potes. Les pintades un peu moins, ça fait quand même un sacré boucan et je m’amusais quand même pas mal à les courser pour les faire gueuler (j’en ai tué une comme ça, à force de lui faire peur, ça a l’air très cardiaque comme petites bestioles).
J’étais un peu trop grand pour rentrer dans les clapiers des lapins, mais j’ouvrais la porte pour quand même m’endormir avec un lapin dans les bras (ouh, c’est mignon <3). Les autres animaux (moutons et vaches surtout) m’impressionnaient assez, donc je n’avais pas terriblement confiance pour dormir avec eux…
Mes grands-parents avaient un chien à l’époque et, comme beaucoup de chiens à la campagne, il avait sa petite niche. Qu’est-ce qu’on a pu en faire de bonne sieste tous les deux ! xD

Mais il y a deux endroits plus insolites que les autres où j’ai passé quelques heures endormi.
Mon grand-père étant agriculteur et en partie céréalier (c’est vite dit), il avait (il l’a détruit je crois) un genre de silo à grains qui était rempli d’une façon qui permettait de pouvoir rentrer dedans et se glisser dans le tas de grains… Eh bien, vous me croirez ou pas, mais c’est dans ce silo que j’ai pratiquement fait les meilleures siestes de toute ma vie ! (Oui, parce que bon, les meilleures sont quand même celles où on est enveloppé les bras d’une femme [/mode romantique])
Le deuxième endroit était un pneu de moissonneuse batteuse gigantesque. Enfin, il me paraissait gigantesque à l’époque, je ne sais pas ce qu’il en est vraiment, mais il était assez grand pour me contenir sans problème, il y avait même largement la place. Je me rappelle que je piquais un coussin de chez mes grands-parents pour que ce soit un poil plus confortable.

Si on revient dans une époque plus proche, je n’ai pas beaucoup d’endroits insolites dans lesquels chez dormi. Une tripotée de bancs, que ce soit dans les gares, aéroports, abribus (réveillé par une prostitué une fois, c’était classe…) et autres parcs…
Une fois dans une baignoire, soirée mal organisée, pas assez de place pour tout le monde, c’était ça ou par terre, mais c’était plutôt confortable.
A la fac, dans pas mal d’amphis quand même xD
Et une fois sur le perron de l’accueil du village universitaire car j’avais oublié mes clés et que le gardien était allé faire une ronde. Je m’étais assis sur le sol le dos appuyé sur la porte, il m’a pas fallu 2 minutes pour m’endormir. Réveil un peu violent du gardien quand même…

Hum… à la belle étoile aussi, sur le toit d’un immeuble, avec ma copine de l’époque. Bon, aussi parce qu’on avait fermé la porte alors qu’il ne fallait pas et qu’on avait trop honte d’appeler quelqu’un à 2h du matin…

Je crois que c’est tout, rien de bien sensationnel.



Le mangeur d’hommes

Mais s’il y a bien un endroit qui me donne l’envie de vous conter une petite histoire, c’est bien le mangeur d’hommes, célèbre canapé chez Nadège qui a pour réputation de manger tous les gens se couchant dessus.

Il était une fois, dans un pays lointain, caché au creux des montagnes et remplies de forêts et de ruisseaux aux milliers de souvenirs enfouis, la tanière de l’Ours et de la Fée verte. Ces deux compagnons avaient invité le voyageur Ikare à faire halte dans leur demeure. Ce voyageur, venu d’une contrée éloignées dont les légendes et les fables ne sont plus que de lointains songes de nuits trop profondes, ne savait pas dans quelle galère il allait mettre les pieds.

Il avait eu vent de quelques rumeurs se passant dans cette demeure, mais cela ne l’avait pas empêché de répondre à l’honneur d’être invité. Il fût accueilli comme un roi en son pays, était-ce pour cacher le souci ?

L’heure du sommeil étant arrivée, Ses hôtes lui proposèrent le canapé. Ils lui firent part quand même de quelques conseils pour ne pas finir broyé pendant son sommeil. Mais Ikare se décida à se laisser tomber dans les bras de ce meuble agréable qui avait l’air somme toute bien aimable.

Il s’installa confortablement dedans, ne se doutant pas de la nuit qui l’attend. Même avant l’appel de Morphée, il sentit que tout n’était pas parfait. Il s’enfonçait avec facilité dans les tréfonds du canapé. Etait-ce pour ce dernier une façon de le goûter, afin de savoir si Ikare pouvait être dégusté ?

Ce terrible meuble avait un compère, qui lui permettait de garder les réfractaires. Ainsi, juste après la mort des derniers rayons du crépuscule, la pièce devenait la propriété d’une chatte nommée Crapule. Elle se glissait la nuit sur les pauvres victimes, pour leur éviter de partir de la scène du crime.

Au moment où Ikare se faisait happé, il s’est tout de suite réveillé. Il tenta de s’extirper du meuble infâme, mais le chat, d’un râle, lui glaça son âme. Il en était alors fini de lui, il ne pouvait que mourir sans un seul bruit.

Pourtant, dès les premières lueurs du jour, il se rendit compte que son cœur battait toujours. Avait-il combattu assez longtemps, afin de s’en sortir vivant ? Le sortilège s’était-il affaibli alors que mourraient les derniers assauts de la nuit ? Ou avait-il un goût si mauvais que le meuble avait décidé de le recracher ?

Ikare ne le saura jamais, et il ne demanda pas de réponses à ce sujet. Il devait garder pour lui son expérience, afin de ne pas passer pour un idiot devant l’assistance. Il s’en retourna chez lui, accompagné de la peur qui le suivit. Il continua de raconter cette histoire pour que plus personne ne devienne l’offrande de ce terrible mangeur d’hommes maintenant entré dans la légende.





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